Soixante-deux chefs de chœur et chantres à Issy
Les vocalises d’une masterclass …
« Masterclass de chant liturgique » : un énoncé un « peu impressionnant », au dire d’un des 62 participants à la session de chefs de chœur et chantres-animateurs qui s’est déroulée les 15 et 16 janvier 2005 au Centre paroissial Saint Benoît à Issy-les –Moulineaux.
Ce projet ambitieux certes, mais ressenti à son terme par les stagiaires comme infiniment utile était dû à la triple impulsion du Centre national de pastorale liturgique (CNPL), de l’Association nationale des chorales liturgiques (ANCOLI) et de l’Association St Ambroise-Eglise qui chante (ASA) qui avaient su réunir un magistral plateau de formateurs.
Nicole Corti, chef des
chœurs de Notre-Dame de Paris était accompagnée (outre la collaboration en tant
que chœur-école de l’Ensemble adulte de N.D.) pour les divers ateliers de
direction de choeur par Lionel Sow, Mathilde Ambrois, Benjamin Lunetta et
Sylvie André pour les séances d’éveil et technique vocale ; Frédérique
Simon assurant au piano le soutien d’un accompagnement sensible et rigoureux. Quant aux travaux des
chantres-animateurs, ils étaient menés sous la conduite du père Louis Groslambert,
prêtre de Montbéliard, membre du CNPL et Pierre Cardon, président de l’ASA.
Des conseils simples et fermes, des orientations, des consignes précises, des idées suggérées, mais jamais assénées comme vérités définitives, tels apparaissent les propos tenus par Nicole Corti et son équipe.
« Ne vous cachez pas derrière votre partition…Dites les mots (mâchez-les au cours de votre travail de répétition), chantez la musique avec le cœur, mais aussi tout votre corps… Ecoutez-vous les uns les autres. Ressentez à quel moment votre chant devient prière…Quelle sensation a-t-on quand on dit « Dieu » ! » souligne ainsi la chef de chœur de Notre Dame.
Et c’est le père Louis Groslambert dans son exposé de réflexion sur « le chant, le rite et la liturgie » qui renchérit disant : « En liturgie, il y a beaucoup d’imprévus. Tout l’art n’est pas d’obéir au prévu, mais de s’adapter à l’imprévu (c’est l’expérience musicale la plus authentique, car la musique ne se répète pas). L’exigence de souplesse va de pair avec le « chanter par cœur »…Il ne s’agit jamais de chanter un programme, mais de chanter un événement. Les choristes n’ont pas à répéter des mots, mais à s’exercer à des attitudes spirituelles. »
« Oh, c’est merveilleux… » En quintes tour à tour ascendantes et descendantes, la vocalise se déploie avec toutes les voix. C’est l’un des premiers exercices de l’atelier choral des premières heures du stage. Les participants l’ont à coup sûr encore en tête et se la répètent avec délice, rejoignant l’appréciation d’un chef de chœur dans son compte rendu d’appropriation : « Ce fut un travail de recherche en profondeur, pour des chants qui paraissaient fort simples. Il était passionnant de pouvoir être en face d’un chœur qui vous apporte beaucoup plus que ce que vous pouvez lui donner. Je repars avec une charge émotionnelle absolument incroyable… »
Oh, c’est merveilleux… Oui oui oui ! (autre thème de vocalise), ce fut merveilleux. Les formateurs eux-mêmes ne cachaient pas leur satisfaction du résultat obtenu durant ces deux jours de travail.
Gabriel Cantore
